AGENTINA Y CHILE CON BICYCLETA
VENT DE PATAGONIE, ALTITUDE DE LA CORDILLERE...

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POUR CONCLURE.

          Voilà, que s'achève ces presque 4 mois de voyage, c'est le temps d'en tirer quelques conclusions, bien qu'il va me falloir plus de temps pour prendre du recul et faire le vrai bilan.
          Cette période de découverte au sein de ses trois pays d'Amérique du Sud, représente près de 7300km à travers plaines et montagnes. Sachant, que la distance n'est pas le plus important. Tous les cyclistes que j'ai rencontrés avaient leur propre façon de voyager. Ce qui compte c'est d'être satisfait de ce que l'on fait, ce qui est mon cas. Un tel investissement personnel (aussi physique et financier) ne peut que combler. Les difficultés ont été à la hauteur de ce qu'a pu me donner cette nature si généreuse. Ainsi, en plus d'être heureux de revenir comme toujours, j'ai pu acquérir une connaissance plus approfondie de mes limites. En revanche, je suis incapable à l'heure actuelle de dire ce qui m´a le plus émerveillé ou le plus marqué.

   - J'ai aimé voir venir la réalisation de mes objectifs comme lorsque j'attaque une ligne droite dont je vois le bout s'approcher petit à petit,

   - J'ai aimé me dépasser dans les cols, mais j'aime encore mieux arriver au sommet pour découvrir l'autre versant de la montagne, signe de mon impatiente curiosité.

   - J'ai aimé susciter l'intérêt ce qui m'a donné la force pour chaque coup de pédales difficile.

    - J'ai pas aimé le vent, mais malgré moi j'ai été obligé à me mesurer à lui et si parfois j'ai baissé les bras, d'autres j'ai su prendre patience et l'affronter.

     En tout cas, merci à tous pour votre lecture et votre soutien. C'est vous qui donnez un sens à ce voyage, en partageant un peu mes expériences.





Publié à 11:49, le 25/03/2009, Buenos Aires
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DERNIERE LIGNE DROITE, EN DETAILS.

     Avant d'entamer la dernière série jusqu'à Mendoza, J'ai rechargé les batteries en compagnie de Mathilde et César rencontré au début de mon voyage. C'est une chance immense de clore le voyage par cette rencontre. De plus, la pluie inhabituelle (la vieille dame de notre hôtel nous a dit qu'en 70ans, elle n'avait jamais vu autant de pluie à Santa Maria), nous a permis de passer un jour complet ensemble. Cela nous a laissé le temps de digérer notre asado rituel. Le José de notre hôtel nous a presque paternalisé. En premier lieu, il a souhaité nous accompagner pour l'achat de la fameuse viande à griller, puis il nous a proposé de nous préparer une salade. Carnivore que je suis, j'ai tout de même  suggéré d'accompagner la bête d'un gratin de courge, dont j'ai fait ma spécialité durant ce voyage. Je pense que j'aurai dû me battre pour arriver à cuisiner à ma guise. J'ai finalement capitulé de peur de le voir décompenser. Nous avons vite trouvé confortables de nous mettre les pieds sous la table et profiter de notre temps précieux pour échanger toutes nos aventures passées depuis les trois mois de voyage. Malgré la pluie diluvienne débutante, nous avons joui de l'agréable patio de cette maison coloniale.

        Après, que l'eau ruisselant au coeur des rues se soit un peu évacuée nous avons fait connaissance d'un commerçant  très peu ordinaire. Une incarnation de Corbier du club Dorothée déguisé en Jésus, il nous a dissuadé d'acheter ses mélanges de plantes médicinales au profit de sa première urine du matin. Il affirme avoir réglé ses problèmes intestinaux qui couraient depuis une bonne quinzaine de jour et qui le faisait courir aux toilettes, justement, en buvant le produit de toute une nuit d'épuration rénale. En me quittant, César n'avait toujours l'intention de suivre le traitement...

         Outre, ces situations qui agrémentent toujours un peu plus le quotidien du voyage, nous avons repris notre route chacun vers un différent pôle avec dans l'immédiat l'obligation de braver tous ces cours d'eaux plus ou moins en cru. J'ai su que Mathilde s'était baignée contre son gré et grâce à  leurs conseils, je me suis épargné un bain de chaussures en pédalant pieds nus le temps de la plus grande traversée. Un peu plus tard il m'est arrivé d'être moins prudent et de me rincer.

         Globalement, ces neufs jours de vélos ont été assez éreintants pour mes petits genoux. Les faits les plus marquants se distinguent d'un côté par des rencontres très riches et de l'autre par des  paysages spécifiques. À deux reprises, j'ai évolué dans des montagnes à teintes ocres (près des termes de Hualfin puis la cuesta de Miranda), j'ai aussi traversé une chaîne escarpée qui je ne sais pas pourquoi, porte le nom de Cuesta del Viento (près de Rodéo), c'est tout des appellations qui en disent long...

        J'ai eu une grande ligne droite après Londres, presque 65km sans réel changement de perspective. Rapidement, j'ai vu le bout, mais j'avais l'impression de ne jamais m'en rapprocher, en outre sur cette portion sans fin, j'ai croisé des vaches à peu près tous les dix kilomètres qui gisaient au bord de la route comme jamais j'en avais vu. J'essayais de me boucher le nez, voir de fermer les yeux pour ne pas profiter de cette décomposition accélérée, sous les plus de trente degrés ambiants.

        De peur de réitérer cette fâcheuse expérience, j'ai décidé de faire du stop sur la portion Villa Union-Jachal, malgré le fait que c'était un dimanche. Le dernier jour de la semaine, en plus d'être le jour du seigneur est surtout le jour le moins propice pour ce genre d'activité. Les gens ne travaillant pas, ils sont moins sur la route et s’ils voyagent, ils sont en famille et n'ont pas forcément la place de prendre un vélo. Mais, comme dans toute règle il y a une exception, j'ai trouvé un brave homme accompagné de sa femme qui allait faire ses comptes dans sa station-service située 40km plus loin.J'aime faire du stop en plus de faire reposer les guibolles, c'est toujours l'occasion de partager des informations avec un chauffeur souvent curieux et fort intéressant. Celui-ci m'a détaillé avec fierté les sites touristiques du coin. Le problème est arrivé une fois déposé à destination. Je me suis aperçu que j'avais oublié mon compteur au bord de la route. Avec un réel faux calme, je trépignais et j'étais près à prendre le vélo pour retourner sur le champ plutôt que d'attendre que mon ¨chauffeur¨ reparte, de peur que quelqu'un le récupère (cf. une situation déjà vécue sur la carratera australe). C'est ainsi, après avoir travaillé sur ma patience que je suis reparti avec mon chauffeur ayant effectué son travail dominical.

         À un kilomètre près, j'ai fait le même trajet qu'à l'aller pour retrouver avec joie la preuve en chiffres de tout cet acharnement physique des 4 mois de voyage. Résultat, mon expérience de stop ne m'a pas fait gagner de kilomètres. J'ai sagement décidé de revenir à mon étape de la veille et de prendre le bus. Ainsi, j'aurais fait un pseudo journée de pause.

         J'ai fait quelques rencontres intéressantes. D'une part, ce jeune qui vit dans une vieille maison coloniale et qui veut en faire un hostel. Il voit surtout passer des cyclistes, il est dans un village qui se trouve sur la route d'un pass pour le Chili (Paso de Aguas Négras). Il aime partager la soirée avec ses hôtes ainsi nous avons mangé tous les deux au resto de son pôte qui s'est mis en quatre pour nous. Nous avons donc honoré son nouveau haut lieu de gastronomie...

J'ai quasiment rencontré des cyclistes tous les jours sur cette route dés héritée par les véhicules motorisés. Un Canadien qui est à sa troisième année de voyage et 54000km puis un Australien qui vient d'Ushuaia.J'ai discuté une bonne demi-heure avec un couple de suisses de Neuchâtel (Baptiste et Maud), ils viennent aussi du Sud, d'Ushuaia et ils m'ont donné une superbe adresse à Mendoza. Cette famille n'a pas besoin financièrement de faire maison d'hôte, mais ils aiment partager leur maison avec des étrangers. Ils m'ont invité au resto, je partageais leur repas familial et j'ai visiblement remotivé le chef de la famille à la pratique du vélo, il l'a enfourché après trois ans après trois ans d'abstinence pour une grande balade. Comme je leur ai expliqué, je ne pouvais pas tomber mieux pour clore mon voyage et vivre l'Argentine différemment.

         Un cycliste Polonais un peu brûlé par le soleil a aussi croisé ma route. Il s'amuse à faire tout les sommets du coin. En faisant le plus haut, l'Aconcagua il a passé 1 semaine à 6000m d'altitude à attendre que le temps lui permette l'accession et il a perdu 8 kilos alors qu'il est de nature plutôt mince, il lui reste encore deux sommets à près de 6000m en mois d'un mois. Pour réaliser ce projet il est obligé de transporter le chargement habituel plus une remorque avec deux autres sacoches pour l'alpinisme, il m'a avoué ne pas apprécier les pistes avec tout ce poids.

         Ma dernière rencontre avec le couple italo-suisse était très furtive puisque j'étais dans un camion avec ce paysan et son vieux camion. C'est pour mon ultime jour de piste, que ce couple s'est arrêté spontanément pour m'avancer de 80km. Ça tombait bien, c'était un jour pendant lequel je rêvais de terminer la journée motorisé, pour ne pas finir avec 160km dans les pattes. Ils avaient dû livrer des fruits ou quelque chose du genre et avaient beaucoup roulé en 24h. Nous avons pas pu beaucoup discuté étant donné le bruit du camion. La piste était assez dure pour la quasi-absence de suspension du véhicule. À un moment du voyage, le camion a ralenti, il était gentiment en train de s'endormir. C'est une fois qu'il est venu de mon côté qu'il m'a expliqué, il a donc voulu que depuis le haut de la cabine, je l'arrose pour qu'il se rafraîchisse en se frictionnant la tête de ses mains pleines de cambouis. Sa femme était marrante, lorsqu'elle regardait la carte pour m'indiquer leur route. J'avais l'impression qu'elle regardait une carte de son pays pour la première fois, Je voyais ses yeux qui allaient d'Ushuaia à la Bolivie, à la recherche de la ville qui se trouvait juste à côté de Mendoza la ville que je lui avais montrée en premier lieu.

         Encore une fois, ses situations pour me prouver que j'étais bien en argentine sur une terre de contrastes. Des routes remplient de camions qui suivent ces chemins de terre sans personne. Ces gens peu cultivés et d'autres que j'ai rencontré qui l'étaient plus...


Publié à 11:50, le 19/03/2009, Mendoza
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DERNIERE LIGNE DROITE.

          Désolé, le suivi du blog est très mauvais ces jours, mais comme il est marqué dans le titre c'est la dernière ligne droite. Donc, je n’ai pas beaucoup de temps pour l'écriture et ce n’est pas dans la région que je suis en train de traverser, qu'Internet a dû être inventé. Entre les ouvertures réduites, les problèmes d'antenne, de modem, de satellites, du pèt de travers du cyber man et j'en passe, c'est la cata.
         Donc, arrivé à Mendoza, je vais avoir du boulôt, en attendant je partage mes derniers bons moments avec le vent.
À suivre.



Publié à 10:39, le 17/03/2009,
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ON THE ROAD AGAIN.

        Reprise de la route demain, (je ne l'aurais quitté qu'une bonne douzaine d'heure, en fait) pour rejoindre Santa Maria et retrouver Mathilde et César les Français à vélo, trois mois après, avec beaucoup d'histoires à se raconter.

         Je profite de répondre à l'auteur inconnu du 8c, que je suis dispo pour le travail dès le 3 avril, même si après un voyage à vélo en Amérique du sud on a besoin de vacances...En attendant, de vous dire tout cela plus officiellement et de prendre de vos nouvelles, je vous embrasse toutes et tous...


Publié à 12:34, le 8/03/2009, Cafayate
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SALTA-CAFAYATE.

        Il y a deux possibilités pour rejoindre Cafayate, village vinicole au sud de Salta. Selon, le guide du routard les deux variantes sont intéressantes et valent même trois étoiles selon leur cotation.

         Après, moult pérégrinations, je me suis décidé, et j'ai donc opté pour la plus longue, allez donc savoir pourquoi. Moi, qui m'étais promis de surcroît, de ne plus faire de piste. Enfin, il paraît que l'on se ne refait pas... Pour en rester dans le même registre, mon optimisme certain m'a fait penser que je pourrais rejoindre mon objectif en trois jours, et c'est la pluie qui a eu raison de mon utopie.

         Heureusement, que mes deux jours de repos à Salta m'ont procuré suffisamment d'énergie pour appréhender ce qui allait m'attendre. Les premiers kilomètres communs avec la route principale ont été très faciles. Question météo, il est vrai que je ne me faisais pas tant d'illusion (mon optimisme n'a pas toujours le dessus). Lorsque, j'ai vu le débit de certains gués, (d'ailleurs dès que j'ai vu le premier de ses cours d'eau bien chargé traverser la route, j'ai cru bon de rouler à fond pour le franchir, afin d'être sûr d'avoir les pieds complètement mouillés...), j'ai bien pensé que la région devait avoir un fort taux d'hygrométrie. Mais, c'est surtout les éclairs qui m'ont fait pensés que je n'allais pas passer au travers de l'averse. D'ailleurs, la route par forte pluie est difficilement praticable à cause des éboulements, dixit le routard; j'étais content de le savoir...

           Donc, j'ai fini par réellement recevoir la pluie, en plus de gâcher les photos ce qui vous est certes fort préjudiciable, en outre la température devenait de moins en moins clémente, c'est ainsi, que la veille je "pêtais de chaud", passez- moi l'expression, et je me retrouvais en montagne pour me "les geler".

           Oui, parce qu'en plus de faire un crochet, la route allait forcément monter "en montagne". Puisque ma ville étape se trouvait à 2200m d'altitude et Salta seulement à 1200m (le niveau de la mer).

          À déjà, 2100m, 80km et surtout quelques litres de pluie, mon chemin a croisé la présence d'une auberge. Je n'ai pas hésité une seconde à raccourcir mon étape de 80km, avec tout de même la peur que le prix soit un peu exorbitant, vu l'isolement du site. À l’approche de la cuisine, j'ai plutôt pensé le contraire et effectivement, le prix incluant le petit-déjeuner était presque dérisoire. De mémoire, j'ai rarement traversé la cuisine pour visiter une chambre de standing. La jeune maîtresse de maison m'a demandé 5 min pour faire la chambre, elle n'avait peut-être pas servi depuis longtemps (la chambre). Il semblerait que cet établissement soit plus une halte thé, café pour les touristes de passage, qu'un réel lieu de villégiature. En aucun cas, je n'ai regretté mon choix en voyant le confort de la chambre, même la douche froide m'a fait du bien et m'a préparé pour une bonne sieste réparatrice (j'ai mis plus d'une heure tout de même à me réchauffer malgré la grosse couverture en poil de Lama de la grand mère). J'ai d'ailleurs fait sa connaissance ainsi que l'arrière grand-ma. Je l'ai beaucoup entendu parler au loin pendant ma sieste mais je pense qu'elle devait parler un dialecte indien si ce n’est pas l'âge lui joue des tours ou bien peut être les deux, en tout cas je n’ai jamais rien compris de ce qu'elle a dit. Sa tenue vestimentaire illustre bien le fort poids des traditions de la région, parfois je regrette de ne pas demander la permission pour une photo et garder une trace de toutes ces valeurs qui vont finir par se perdre.

         Je n'ai vraiment pas regretté ma nuit de halte pour deux raisons. D'un, parce que j'ai certainement évité des difficultés liées aux crues. J'ai discuté avec le propriétaire de la voiture en panne stationnée en face de la pension. Il a pris l'eau en passant un gué ce qui a provoqué un court-circuit, par ailleurs un éboulement l'a aussi coincé et sans l'engin d'entretien de la route, il n'aurait pas pu franchir cette impasse. Malgré, le fait que ce soit une route nationale qui traverse le pays du nord au sud, sur cette portion, aucune structure d'écoulement d'eau n'est prévue et la moindre pluie devient catastrophique, c'est comme ça que je me rends d'avantage compte de l'importance des structures infra routières, ça justifie un peu plus les coûts prohibitifs.

         L'autre bonne raison de mettre arrêtée pour la nuit, c'est que lorsque je suis reparti le lendemain, un peu sous les nuages, j'ai attaqué une montée interminable jusqu'à 3350m, c'était la surprise du circuit! Mais, la cerise sur le gâteau, après une heure dans le brouillard, en franchisant le col, j'ai découvert un paysage aride et chaud, avec pléthore de cactus.

          En arrivant à Cachi, le gros bourg touristique du circuit, j'étais déterminé à utiliser la tente, "pour l'aérer un peu...", seulement le camping municipal coûte plus cher que le lit en dortoir ainsi, j'ai changé mon plan. J'ai utilisé la piscine municipale qui pour une fois ne semblait pas trop contenir de mycoses ou de micro-organismes du genre. Je me suis ainsi rafraîchi fait un peu de lessive et le plein d'eau pour aller dormir dans les cactus et près des ânes sauvages qui semblaient un peu troublés par ma présence.

          J'ai raté une occasion de vivre avec une famille paysanne locale, un moment unique au profit de ma chère tranquillité. C'est en leur demandant l'autorisation de poser la tente dans un endroit quelconque de la vallée maraîchère qu'ils m'ont proposé l'emplacement du poulailler, mais vu l'aixiguité et la promiscuité j'ai décliné l'offre pour me retirer en pleine nature.

           En plus de profiter de cette nature de roches taillées par le vent (qui ce dernier ne m'étaient malheureusement pas favorables, en évoluant sur des pistes sableuses dont la mollesse était un peu trop éreintante à mon goût, j'ai vécu une situation que j'aimerais partager dans cette fin d'article.

           Un homme s'applique à recevoir les gens chez lui pour leur faire à manger. Cette aubergiste, en quelque sorte, vit au milieu d'un magnifique jardin, dont les vignes étaient chargées de raisins, pour mon plus grand plaisir. J'ai goûté sa production locale de vin. C'est ce qu'il appelle le vin Patero, un vin rouge très liquoreux. Je pensais que c'était sa production de l'année, et, à ma grande surprise, il m'a affirmé qu'il titrait 14degrés et qu'il avait deux ans d'âge, j'avais l'impression de boire un jus de raisin fermenté. C'est seulement, en me levant que j'ai reconnu l'effet légèrement traître de ce breuvage.

           Cet homme aime le contact avec sa clientèle, chaque client semble marqué par la soirée passée à ses côtés. Il m'a ainsi montré avec fierté sa collection de billets offerts par les touristes et j'étais vraiment surpris de trouver dans ce petit village une telle diversité de nationalités, allant du Rwanda au Myanmar. Il a aussi une collection de carte postale, un paysage ne m'était pas inconnu. Le cachet de la poste était issu, tout simplement de mon village natal. Après quelques investigations, il s'avère que mes parents en connaissent l'auteur. Que le monde est petit!! Je recommande vraiment cette adresse à Angastaco, restaurant Floridita quelque chose, où le patron t'embrasse comme si en passant chez lui tu étais devenu un membre de sa famille.

           En arrivant, à Cafayate après avoir trouvé un petit hôtel fort sympathique et familial en cours de construction, donc fort recommandable, j'ai pris la décision de rester deux jours pour faire une partie de la route principale Salta-Cafayte et profiter des paysages encore une fois grandioses à teinte ocre dont vous pouvez avoir un aperçu sur quelques photos.


Publié à 11:37, le 8/03/2009, Cafayate
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RETOUR EN ARGENTINE PAR LE PASO DE JAMA.

           Après avoir accompagné Marco à son bus, je suis parti directement de San Pedro pour la montagne. J'ai décidé de partir en même temps que lui pour que le deuil de la séparation se fasse au mieux. Effectivement, après presque un mois de voyage à deux, je dois vous avouer que j'appréhendais de voyager à nouveau seul.

           Je ne suis ni perdu, ni sans projet. Je dois rejoindre Mendoza la 4ème plus grande ville du pays qui se trouve à la même latitude que Santiago du Chili. Les paysages que je vais traverser vont présenter une grande diversité. Ils vont se caractériser par des changements brusques de climat; du froid sec de l'altiplano, à la luxuriance de la végétation de la région de Salta jusqu'à l'aridité de la Rioja. Et bien sûr, je vais jouir de la richesse vinicole de Mendoza, pour me désaltérer après ces longues journées de vélo...

            En attendant, d’arriver au but, j'ai déjà eu une chaîne de montagne à franchir et qui n'est pas des moindre: la cordillère des Andes.

            J'avoue tout de suite que j'ai fait la montée sur le plateau avec un pick-up. En plus de ne pas passer une journée à faire les 40km de route que l'on a fait en 1h au retour de Bolivie, j'ai eu la chance de rencontrer un Chilien qui travaille pour le projet du grand centre astronomique international. Il m'a expliqué qu'il aura fallu plus de dix ans de collaboration de diverses nations à plus de 5000m d'altitude pour venir à bout de cet espèce de télescope radio numérique. Cet homme fait 2600m de dénivelé tous les jours depuis 9ans, il m'a expliqué qu'ils travaillaient souvent avec de l'air enrichi en oxygène, pour pallier aux problèmes de l'altitude.

            Une fois arrivé à 4700m d'altitude, riche de ses nouvelles explications, j'ai pu enfourcher mon vélo chargé pour 3 jours d'autonomie. Effectivement, je ne connaissais pas vraiment mon programme à l'avance, si ce n'est que je voulais rejoindre l'Argentine et que ma première grosse étape était la douane à 160km de San Pedro par une bonne route asphaltée. Déjà, est ce que quelqu'un allait bien vouloir me prendre en stop. D’autre part, un salar situé à 30km de la route m’intéressait. Ce n’est pas seulement, le fait que l'hôtesse du centre d'information touristique m’ait dit que la région était truffée de mines anti-personnelles et que le route était très difficile à trouver que j’ai renoncé à cette visite. J'avais besoin de faire de la route plus facile et le vent dans le dos que j'avais qui m’a permis de faire une belle pointe de vitesse (89.5km/h), me convenait très bien. En plus, la route était parsemée de beaux salars et de belles lagunas, ce qui ne gâche rien.

         C'était vraiment une superbe journée de reprise de vélos en solo. J'ai rejoint assez facilement la douane, même si la première heure, je pédalais un peu avec le souffle coupé dû à l'ascension éclaire en voiture.

         Les formalités douanières ont été vites réglées, et j'ai décidé d'établir le camp dans le coin. J'ai fait un tour des baraquements environnants et j'ai trouvé que les gendarmes avaient l'emplacement le plus abrité du vent. J'ai frappé à la porte.... personne, je suis rentré pensant que quelqu'un devait dormir dans un coin, toujours personne, j'ai dû trouver le chef à son poste. Il m'a gentiment proposé sa cour, en me promettant de venir me trouver pour discuter, après sa journée.  J'ai passé une heure à essayer de planter la tente dans un terrain qui semblait bétonné. Finalement, j'en voulais à toute la gendarmerie de la terre entière. Après, m'être bien défoulé et avoir tordu les sardines les unes après les autres, j'ai pu manger et me coucher vers 19h30, au coucher du soleil. Le vent n'aidant pas, il faisait vite froid à 4100m d'altitude.

        C'est vers 21h, qu'effectivement le jeune gendarme est venu me voir pour discuter. Seulement, je dormais déjà. J'étais un peu désorienté et il insistait pour que je vienne à l'intérieur me réchauffer alors que je n'avais pas froid...

         Au vu de son insistance, j'ai cédé et je me suis extirpé de ma couche sous ses yeux. Finalement, j'ai bien apprécié son hospitalité: un lit dans une chambre séparée, une collation avec du pain fait maison et surtout un bon échange culturel.

       Par mis, les infos qu'il m'a données, figure l'état de la route. La route est bonne jusqu'à la vallée (2200m) mais en revanche, elle est encore longue et avec un col de 4200m. Optimiste, j'imaginais qu'après la douane, j'allais descendre doucement, du haut de mes 4000m. En fait, pour vous donner une idée l'altiplano (supérieur à 4000m d'altitude) à ce niveau fait à peu près 300km de large.

       Bref, la deuxième journée mis à part que j'ai commencé à descendre seulement au bout de 80km n'a pas été trop dure. En revanche, le lendemain après avoir passé les salars que vous avez vus en photos, c’est-à-dire, aussi au bout de 80km, j'ai commencé l'ascension vers le dernier col. Faire 700m de dénivelé de 3500 jusqu'à 4170m après quelques heures de route: c'est chaud! Heureusement, j'avais fait une bonne pause pour le déjeuner et c'est mon ventre plein qui m'a donné ce courage. Une fois arrivé au sommet, le temps qui n'était pas très clément dès le départ, (vulgairement, je me suis un peu caillé les meules toute la route) avec quelques passages pluvieux en sus, c'est vraiment dégradé sur la fin. L'heure tardive n'aidant pas, c'est à 3 degrés et sous la pluie que j'ai entamé ma descente. J'avais pris soin de mettre toutes mes épaisseurs sèches afin de limiter la progression du froid à travers mon corps. Je vous laisse imaginer qu'à ce régime-là tout ce dont je rêvais c'est de trouver en arrivant facilement un hôtel avec une bonne douche. En fait de facilement, j'ai dû me résigner à prendre une chambre en dortoir car le village très touristique avec de petites structures voit ses tarifs progresser en flèche au fil des ans. Habituellement, j'aime partager ma journée avec les curieux éventuels, mais là, je dois dire que je n'étais pas très disposé. Surtout, lorsque l'on me demande si j'ai pris la pluie en route alors que je suis trempé, quel sens pointu de l'observation! Heureusement, mes camarades de chambrer étaient souples, j'ai pu rentrer le vélo étendre mon linge un peu au milieu de la pièce...

        Dans mon malheur météorologique, j'ai tout de même eû de la chance, les habitants du coin essuyaient leur cinquième jour de pluie. Bien heureuse cette population qui souffre chroniquement de la sécheresse, mais j'étais content le lendemain de voir le soleil pointer son nez. Surtout, qu'une nouvelle déception allait m'attendre.

        Déjà, la veille le vent ne m'était pas très favorable. Dans tous mes projets jusqu'à Mendoza, j'imaginais avoir un vent dominant nord, comme j'avais eu en Bolivie. Et bien non, sur ce plateau à 2200m le vent était de plus en plus fort. C'est incomparable avec ce que j'ai connu en Patagonie Argentine, mais il n'a pas besoin d'être très fort pour que le sifflement produit dans les oreilles m'insupporte rapidement. J'ai tout de même émis la possibilité que le fait de descendre dans une vallée fertile et arrosée en quelques kilomètres de distance allait peut-être arranger les choses. Effectivement, c'était inouï, voir magique; avec l'apparition d'une couverture nuageuse 500m plus bas, le vent est tombé. Je ne sais pas ce qui est à l'origine du phénomène. Ce changement, de végétation si brusque est pour moi un mystère de plus. Mais, quel plaisir de pouvoir sentir les odeurs de la nature après un mois passé à sentir les odeurs soufrées émanant du coeur de la terre ou encore l'effluve d'un animal en train de se décomposer. J'ai adoré redécouvrir l'odeur du gazon, des quelques essences des plantes du coin, "que du bonheur", que l'on oublie bien souvent!!


Publié à 09:41, le 2/03/2009, Salta
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CALAMA-SAN PEDRO DE ATACAMA PAR LA BOLIVIE.

         Calama- San Pedro c'est 570km en 10 jours à travers le désert, à franchir des cols, à parcourir des kilomètres de pistes de cailloux, de sables. Nous avons dû pousser le vélo sur une bonne cinquantaine de kilomètres. Si on vois le bon côté des choses, ça nous soulageait les fesses de la terrible tôle ondulée. Cette dernière met vraiment à rude épreuve la mécanique, qui heureusement n'a pas montré de signes de faiblesse; encore merci au professionnalisme de Patrice de Vagabonde cycles. Je crois que ce voyage est le meilleur test pour un vélo. Marco pouvait voir comme le vélo en acier de qualité se déformait sous la contrainte et absorbait les défauts de la route. Le poids renforce aussi la bonne assise et l'adhérence à la route, malgré le fait que ce soit plus d'effort à mobiliser. C'est là où intervient l'importance de l'équilibre des charges sur le cadre. Je pense qu'il faut favoriser un maximum le poids sur l'avant.

           Les journées les plus dures ont été du cinquième au septième jour, entre la laguna Cañapa et les geysers, nos moyennes horaires varient entre seulement 7 et 9,5km/h.

            Nous avons pu tout de même faire de bonnes étapes quotidiennes d'une cinquantaine de Km grâce au vent que nous avions le plus souvent dans le dos.

            C'est 9 jours d'autonomie en nourriture, 2 jours d'autonomie d'eau (jusqu'à 13litres par personne), et c'est les 5 premiers jours sans se laver...

Mais bien sûr, les moments de difficultés récompensés par des paysages inoubliables.

            Il nous a fallu deux jours et demi pour rejoindre la frontière Bolivienne (Ollague) et atteindre progressivement notre altitude de croisière qui se situait entre 3700 et 4900m d'altitude pendant ces dix jours.

        Jusqu'à la douane, nous avons longé cette fameuse ligne de chemin de fer, dont les gares nous ont servi d'étapes. Ce train ne sert plus que pour le transport de marchandises tout au moins  au Chili. Il sert plus particulièrement au transport de minerais. Je rappelle que le Chili est le plus gros producteur de cuivre au monde et que c'est à Calama où se trouve la plus grosse mine à ciel ouvert.

         Donc, San Pedro gare, ce premier petit village fantôme nous a abrité du vent. Nous avons compris dès ce jour que nous devions nous trouver des lieux de bivouacs abrités du vent, qui reste assez fort jusqu'à 9-10heures du soir. C'est ainsi que nous posions notre tente derrière un vieux mur, dans une cour d'école, tout monument en ruine pouvait faire l'affaire. Ce n’était pas toujours très classe, une fois nous étions un entouré de déjections humaines, une autre fois de pneus, près des geysers nous nous sommes servis d'une fosse devant faire office de réserve d'eau, qui naturellement était à sec lors de notre passage et elle se trouvait juste à côté du souffleur de vapeur d'eau dont le bruit couvrait tout de notre activité humaine nocturne...

          Pour en revenir au village fantôme. Il était tout de même habité par quelques âmes vivantes; je précise, puisque les cimetières étaient toujours bien garnis, allez savoir pourquoi. C'est sûrement, l'unique reflet d'une activité antérieure plus importante. Enfin, une charmante dame d'un âge certain nous a accueillie et nous a même fabriqué du pain pour la route.

          C'est incroyable, ce que l'on peut trouver en plein coeur du désert parfois. Dans un des trois abris en dur que l'on a eu au cours de ce circuit, s'apparentait  étroitement à un hôtel de luxe (hôtel del dieserto), nous avons eu une douche chaude et des yaourts aux fruits. Je vous assure que ça nous n’a pas paru si banal.

            Nous avons eu évidemment qu'une brève approche de ce grand pays qu'est la Bolivie. De ce que j'en retiens c'est que les gens sont petits, qu'il y a une forte tradition vestimentaire surtout chez les femmes, il semblerait que le désert soit un  peu moins sec que ce que l'on avait vu un peu plus dans le sud. Et surtout, la pauvreté des infrastructures entre autres, fait qu’un repas à qualité égale coûte 5 fois moins cher qu'au Chili.

             Le poste de douane est très sommaire nous avons dû franchir le train en partance pour atteindre le petit bureau Bolivien.

             Suite aux formalités très simplifiées nous avons traversé un salar qui est donc une ancienne réserve d'eau salée asséchée par le temps.Certains sont exploités pour les minéraux qu'ils renferment, (borax, nitrate, en plus du sel), ils perdent ainsi leur blancheur et platitude. Celui, que nous avons traversé nous a donné un bref aperçu de ce que pouvait être le mythique salar d'Uyuni, que malheureusement nous ne connaîtrons pas au cours de ce voyage.

              Nous avons bénéficié de la gentillesse de certains touristes toujours impressionnés par la rencontre des cyclistes qui traversent le désert alors qu'eux-mêmes à la fin de leur journée de 4x4 sont épuisés par la route.

              Un couple de Chiliens après nous avoir vu une première fois, lors de leur chemin aller, nous ont offert des fruits et des gâteaux lors de leur chemin retour. Un petit groupe de touristes Chiliens nous ont offert des oignons et des citrons qu'ils ne pouvaient pas passer à la douane, de retour dans leur pays. Ils nous ont affirmés que les oignons étaient bons pour l'altitude. J'ai tout de suite pensé qu'en plus de l'agrément d'un gros oignon par jour dans la ration de spaghettis, nous allions bénéficier pleinement de l'effet flatulent de ces gros bulbes. Déjà que l'altitude semble être favorable a cette émission aérienne, comme si l'atmosphère de ses lieux hautement volcaniques n'était pas assez soufrée.

            Le bivouac de ce jour-là était prévu près d'une enceinte militaire, c'est là où nous avons dormi dans l'ancienne cour d'école. Nous avons demandé de l'eau à ces braves militaires, et ils nous ont fait sentir à plusieurs reprises qu'il prenait leur travail très au sérieux. Effectivement, il nous était interdit de franchir leur territoire et ils nous le faisaient sentir un peu maladroitement. Malgré la vétusté, on se serait cru dans un territoire secret défense très important du pentagone Bolivien.

            C'est après cette première nuit "sous contrôle militaire" que nous avons eu le plus d'appréhensions sur ce que la route allait nous réserver. Cette journée a été marquée par de forts dénivelés à effectuer dans de réels pierriers, et pousser un vélo chargé à 4000m d'altitude, c'est l'essoufflement intense assuré.

             Ce circuit touristique de plus en plus usité, laisse apparaître des nouvelles structures, c'est ainsi que nous avons fait une première pause dans un hôtel fraîchement construit au bord de la laguna Hedionda pour siroter une tisane à la cocaïne, heu! non à la coca. C'est vrai que le tourisme s'adresse à un large public, la majorité des 4x4 croisés s'adresse au voyageur au budget restreint. En 4 jours, on peut avoir un aperçu de la région Sud de la Bolivie. Tout ça pour une centaine de dollars, dans des conditions pas très reposantes et qui ne font évidemment pas l'unanimité des cyclistes. Il y a une formule plus chère, une centaine de dollars par jour, où l'on profite des meilleurs hôtels où tout est inclus. Nous avons vu deux jeunes Russes aux grosses valises, qui voyageaient de la sorte. Ils n'avaient pas l'air tellement épanoui, semblant souffrir de l'altitude, nous étions derrières eux pour finir leurs assiettes... Je pense que la meilleure formule pour celui qui est allergique au vélo est de se trouver un bon 4x4 et c'est possible de faire la route au même titre que nous, sans se perdre, ceci afin d'apprécier au mieux les paysages.

              Voici, le lien pour trouver la carte du coin que nous avons utilisé, merci à ces deux cyclistes.
http://velharmonie.apinc.org/news.php?page=5&total=48

             Pour en revenir à l'hôtel de luxe avec nos amis les Russes, dont leur tenue vestimentaire était assortie à leur valise. Nous, notre tenue était assortie à la couleur du sol que nous avions foulé ces 5 derniers jours. En arrivant dans cet hôtel, la langue pendante, le souffle court et comme j'essayais de l'expliquer notre enveloppe charnelle légèrement collante et odorante, nous pensions que c'était peut-être notre unique chance de croiser une douche pendant le séjour. On est peut-être un peu trop précieux, mais c'est vrai qu'après 5 jours de labeurs, cette idée de se laver commençait à nous hanter l'esprit. Le problème, c'est qu'en partant de Calama nous avions dépensé pratiquement tous nos pesos, pensant que peut être jamais plus nous aurions l'occasion d'en faire autant. Et, nos hôtes Boliviens ne commercent pas en Euros, seulement en dollars, en pesos Chiliens, ou avec leur monnaie locale, bien entendu. Ainsi, après avoir expliqué au jeune gérant de l'hôtel que nous n’avions pas en poche la somme de 95US$ qui nous aurait permis de bénéficier de la chambre incluant le petit-déjeuner au "yaourt", mais que de planter la tente à l'abri de l'hôtel et accéder à quelques litres d'eaux nous aurait convenu pour nous rafraîchir un peu. Pour cette personne responsable de sa tache, pas de chambre = pas de douche ceci malgré tous nos arguments, qui en fait étaient assez maigres. Vous allez vous dire comme ce qu'il devait penser: personne ne nous a forcé à faire du vélo dans le désert. Cependant, un brin de pitié a dû lui parcourir l'esprit, ou peut être, il a pensé que l'on ne lâcherait pas le morceau comme ça, il nous a dit que le big boss de la petite chaîne d'hôtel allait passer dans le coin et que seul lui avait le pouvoir d'accorder une faveur commerciale à deux gaillards en loques. Pendant cette attente et ces palabres, nous avons profité de la chaleur de la réception de l'hôtel et d'une assise confortable sur des coussins autres que la selle de notre vélo ou que mon tapis en semelle de chaussure; et oui, je le trimbale toujours. Le chef du chef est enfin arrivé, en fait c'était la personne en bleu de travail avec qui j'avais parlé du temps qui se gâte et de la route en mauvais état, une demi-heure auparavant. En fait, les deux sont en liens puisque qu'il attend que la pluie ou la neige d'ailleurs, soit suffisamment abondante pour racler la route de manière efficace avec son gros engin.

          Sortie du problème de douche, la pluie conséquente ne nous aurait pas facilité la tâche, rendant la piste boueuse et collante, en plus du froid que cela amène. Heureusement, la grêle et la pluie ne nous a jamais vraiment gênée.

        Donc, l'homme qui ne portait pas son statut sur ses vêtements nous a aimablement trouvé une solution à notre problème, il nous a fait un prix pour la chambre de passage, pour le repas du soir et le petit-déjeuner, et j'avoue que tout ça nous a remis un coup de fouet, pour la deuxième moitié du parcours.

Après, une version un peu moins luxe que la première nuit d'hôtel et une nuit dans notre trou, encore quelques kilomètres à pousser et nous voilà à rencontrer deux cyclistes français de Rhône-Alpes, qui viennent de pédaler plus de 3mois le long de la côte atlantique Africaine. On a pu prendre un café et goûter avec joie et détente leur banane, au milieu de la route. Contrairement à eux une descente nous attendait et surtout un bain thermal. C'était une occasion pour nous de nous laver et faire un peu de lessive. Quoi de mieux qu'une eau, à 38 degrés, délaissée par les touristes reprennent inlassablement la route dans leur confortable 4x4 après un repas et un petit bain.

          C'est ainsi que nous avons pu profiter de la structure en recevant un service personnalisé de la part des 3 boliviens. C'est une salle de restaurant que les cyclistes peuvent transformer en dortoir gratuitement ou presque... C'est une maison communale  financée par les Japonais. Les touristes reçoivent un petit-déjeuner de bonne heure, après leur visite du geyser. D'ailleurs ceux de la veille nous avaient réveillés avec leur flash en pleine nuit pour prendre le souffleur en photo. De ce fait, les tenanciers du site pour des raisons pratiques nous ont ouvert une chambre pour que l'arrivée de la première série de touristes ne nous incommode pas.

           Malgré les très bonnes conditions, la nuit a été un désastre surtout pour Marco. Le soir, j'ai trouvé Marco particulièrement œdémateux sur le visage et au niveau des mollets, mais vu l'absence de dyspnée je n'ai pas relevé le phénomène, surtout que je savais que l'on était redescendu de 500m depuis la veille et que dans 2 jours, on allait se rapprocher de plus de 2000m du niveau de la mer. Les trois grosses assiettes de soupe, plus la plâtrée de pâte n'a peut-être pas arrangé la situation. Une première fois vers minuit Marco n'avait toujours pas dormi depuis 21h et c'est vers 1h du matin que ces bruits respiratoires et son angoisse un peu perceptible qui m'a vraiment alerté. Malgré sa réticence habituelle à prendre un médicament, cette fois il a accepté sans problème mes deux comprimés de diamox. Le pauvre alternait polypnée et apnée respiratoire lorsqu'il n'était pas obligé de sortir pour aller pisser. Il a bien répondu au médicament, mais je pense qu'il n'aurait pas fallu un jour de plus de vélo, car L'oedème pulmonaire laisse des séquelles transitoires assez importantes et de surcroît il a développé une symptomatologie complète avec en plus de l'asthénie: inappétence et diarrhée. Quelle aventure! On s'en serait bien passé, surtout lui, je pense.

Pour clore notre expérience avec l'hotellerie Bolivienne, je m'étais mal entendu avec le personnel de la maison. C'est vrai que les cyclistes n'ayant rien payé la veille, je n’ai pas trop posé de questions, surtout que ce n’est pas un hôtel. Mais, je pense que l'affluence de ce tourisme à vélo a dû leur donner des idées quant aux possibilités lucratives. C'est ainsi, que l'on a fait nos poches et nous nous sommes débrouillés avec mon dollar symbolique que je trimbalais et nous avons eu leur bénédiction après avoir formulé nos plates excusent, vu les sommes dérisoires demandées.

          Malgré tout, le retour sur San Pedro a été glorieux: 40km à 50km/h de moyenne, sans pédaler, ni freiner; ceci pour débuter en beauté nos deux jours de vacances ou plutôt de convalescence...



Publié à 03:43, le 22/02/2009, San Pedro de Atacama
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CHANGEMENT DE PROGRAMME.

         Déjà, je vais porter une modification à l'article précédent: nous sommes bien en février et non en Janvier, le temps passe vite!!

         En bref, nous avons à peu près respecté notre programme. Nous avons longé la mer à deux reprises dans le parc du pain de sucre, (qui en porte que le nom, je trouve) et après Taltal, puis nous sommes passés tout près du centre d'observation Européen (télescope géant qui a coûté à une association de pays européen une quinzaine année de recherche) qui malheureusement est ouvert au public que deux week-end par mois. Finalement, cela nous a économisé tout de même 600m de dénivelé.

        Nous avons aussi fait des économies de spaghettis au détriment d'un bon restau. En effet, la route n'était plus très variée et puis on se réserve pour la suite... Nous n’avons pas pu dormir aux pieds d'une belle lunette astronomique, donc un peu déçu nous avons fait du stop, d'ailleurs la personne qui nous a prise avait déjà deux auto-stoppeurs. Elle nous a posée dans une station service pour que l'on continue direct sur Calama et à part faire des rencontres, être filmé par un jeune couple de Chiliens et répondre aux quelques questions de curieux, nous n'avons pas trouvé de transport possible ni en camion ni en bus. Ainsi, nous avons rejoint Antofagasta de nuit, en nous faufilant avec nos vélos à travers la circulation. Nous sommes tombé dans un hôtel assez original. Le guide du routard l'avait bien décrit accueil théâtral, on comprenait la moitié de ce que disait ce monsieur un peu bedonnant qui tapait sur le chauffe-eau pour essayer de le faire marcher. Comme on dit, on ne sait pas si c'est du lard ou du cochon son humour caustique, d'ailleurs dans cette grande ville qui est tout de même la cinquième du pays, on a rencontré plusieurs personnes pas très avenantes, le sourire est une denrée rare par ici, semble-t-il!

          Soit, nous avons quand même réussi à prendre le bus pour Calama. Nous avons dû changer de bus pour cause de fuite de circuit pneumatique. Quelques passagers s’évertuaient à essayer de le réparer avec un éventuel morceau de caoutchouc ou quelconque déchet trouvé au bord de la route, quelle ressource ce désert! Cet incident s'est produit lorsqu'on a récupéré un jeune Chilien qui traînait au milieu du désert et qui a tenu pour tout le bus un discours mystique pendant une dizaine de minutes, malédiction???

        C'est en arrivant à Calama que l'on a appris que le train n'existait plus depuis 1 an, et plus tard que le bus pour la Bolivie était complet pour le lendemain. Sachant que le prochain n'a pas lieu avant trois jours, nous n'allons probablement pas faire le Salar d'Uyni ni voir cette ville d'ailleurs et suivre une partie du trajet du train en vélo, pour rejoindre la frontière à 3700m d'altitude et continuer vers San Pedro d'Atacama en longeant les nombreuses lagunas. Encore de quoi s'affûter les mollets, en plus on nous a annoncé de la pluie en Bolivie, toujours surprenant de voir qu'il pleut dans des endroits si arides, la climatologie m'échappera toujours.

          Pour finir, on a pris un jour de congé pour préparer notre expédition. Nous avons fait très fort hier, comme toujours ne sachant pas ce que le lendemain nous réserve nous essayons de profiter un maximum des possibilités culinaires de notre environnement, c'est ainsi que sur la journée nous avons réussi à manger pour 50€ par personne, c'est beau record pour le Chili!!!



Publié à 11:37, le 11/02/2009, Calama
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CES PROCHAINS JOURS JUSQU'EN BOLIVIE.

       Nous avons jusqu'au 13 janvier 23h pour rejoindre Calama, d'où nous allons prendre un train pour rejoindre Uyni en Bolivie. Nous allons sur ce trajet dépasser les 4000m d'altitudes ce qui justifie les 15-17 heures de transport pour seulement 500km.

      Ainsi, nous allons pouvoir réaliser notre ultime étape de désert avec traversée d'un des plus grand salar et divers sites sur une dizaine de jours jusqu'à San Pedro d’Atacama, ceci entre 3000 et 5000m d'altitude. Marco a déjà son ticket de bus pour Santiago le 25/01, c'est alors que nos routes vont se séparer.

      En attendant, comme ce jour dans le parc national du pain de sucre, nous allons suivre un peu la côte pacifique et nous approcher du fameux centre d'observation d'Atacama, toujours avec des paysages désertiques. Pour clôturer nos journées nous faisons appel à la gentillesse des Chiliens, pour finir nos étapes souvent trop longues, en camion ou en pick-up.

    À suivre...



Publié à 11:26, le 8/02/2009, Taltal
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SUR LA ROUTE DU DAKAR.

         Cette fois si, nous ne souhaitions plus prendre d'autoroute. En fait, c'est plus une réelle expédition qui nous attendait plutôt qu'une étape sur une route secondaire.

        Ce léger détour nous rapprochait du plus haut volcan du monde 6893m (Cerro Ojos Del Salado), cela nous laissait entendre qu'à un moment donné nous allions devoir faire du dénivelé surtout en partant de 400m d'altitude.

        Premièrement, en sortant aux aurores du bus à Copiapò, on a essayé de trouver un maximum d'informations pour voir si notre projet était réalisable. Rapidement, on a compris que nous n'étions pas aux portes du désert mais bien en plein dedans, au vu des montagnes qui entouraient la ville.

        C'est ainsi, qu'à midi nous sommes enfin parti avec 5 jours de nourriture et plus d'une douzaine de litres d'eau chacun. En fait, je crois que nous n’étions pas trop à l'aise et chaque fois qu'à la sortie de la ville nous pouvions reboire quelque chose ou manger quelque chose, on le faisait de peur de manquer... c'est surtout moi qui provoquais ça d'ailleurs...

        À l’issue de notre étape du jour, Marco a eu un problème technique, il a cassé une manivelle de pédale, malgré le fait qu'il soit arrivé à faire une dizaine de kilomètres avec une seule pédale, nous avons quand même décidé de faire demi-tour. A peine j'ai levé le bras qu'un camion passait et s'est arrêté. C'était assez circulant finalement, surtout sur la première partie du trajet, puisque le site est truffé de projets miniers.

        Ainsi, nous avons repoussé notre première nuit sous tente dans le désert et nous avons pu refaire le plein de liquides.

        Le lendemain, ça a été très facile de faire le trajet en stop jusqu'où nous nous étions arrêtés. Le premier propriétaire du pick-up qui nous a transporté était attachant. Il nous a serré dans ses bras en partant et nous a dit qu'il allait regarder aux infos s’il n'y avait pas deux cyclistes recherché dans le désert, même si il rigolait, il avait l'air d'avoir un brin de sincérité dans son discours. Ça nous a bien mis en confiance.

        Le moment extraordinaire du circuit, ça été lorsqu’un bus transporteur de mineur qui nous avait déjà vu lors de son trajet aller nous a donné deux bouteilles d'eau et un kilo d’oranges.

        Le deuxième soir, lorsque nous avons rejoint notre point d'eau qui était tout simplement le poste de douane à 3700m d'altitude (qui se trouve quand même à 100km de la frontière réelle), nous avons été heureux d'être ainsi accueilli par les douaniers qui nous invitaient à passer la nuit dans l'infirmerie. Nous avons préparé le repas entre, la machine à rayons X et la table de ping-pong.


       Il semblerait que cet itinéraire ne soit pas très prisé des cyclistes puisque dans le registre que nous avons rempli, il n'y avait que 9 noms d'inscrits sur toute l'année 2008.

       Vu que Marco n'a pas beaucoup de temps pour voyager dans ce si grand pays, nous avons décidé de rejoindre la laguna verde en faisant l'aller et retour sur la journée en stop et c'est avec un camion que nous avons parcourus les quelque 80km avec un col encore plus haut que ce que nous avions fait la veille: 4552m d'altitude. C'était facile aussi de trouver un transport puisqu’une paire de camions attendait l'ouverture de la frontière. En revanche, le camionneur était surpris de nous voir monter dans le camion sans nos vélos. Il nous affirmait qu'il était très difficile de faire du stop sur cette route, du coup nous avons eu un petit moment de doute et finalement, après un petit bain dans les thermes que l'on a un peu expédiés nous avons seulement attendu une demi-heure, qu'un pick- up passe et nous charge à l'arrière. Nous n’avons pas eu besoin d'attendre le lendemain que le camion repasse...

      Nous pensions passer une nuit de plus à la douane, mais le douanier nous a un peu expédié, il semble qu'il est un peu de pression de la part de ses collègues et c'est vrai que ce n'est pas un hôtel non plus. Ainsi, après avoir pris une soupe, nos balluchons et un léger mal de tête qui est apparu à force de changer d'altitude, nous avons vu à nouveau défiler tous ces paysages en fin d'après-midi. Le douanier nous avait parlé d'une route assez facile puisque nous partions de 3700m d'altitude pour rejoindre le niveau de la mer, mais c'est sans compter le vent et les faux plats.

      Ainsi, assez rapidement il a fallu trouver un endroit pour dormir. À la fois un endroit protégé du vent et un peu caché de la route. Ce soir-là ça n'a pas été simple et j'ai vu pour la première fois Marco énervé car la tente ne tenait pas plantée dans le sable, sous la force du vent. Elle s'est même envolée à un moment, maintenant on en rigole, mais sur le coup...  Les vélos dans cette situation nous ont bien aidés et finalement nous avons passé une bonne nuit, certes fraîche au réveil, mais bonne.

          Nous avons eu une fois de plus des démêlés avec le vent, nous avons abandonné à 50km de la mer, plus on avançait plus il était fort et la descente ne suffisait pas pour compenser cette force. Rien n'est plus fort que le vent!!! Il faut dire qu'au bout de 150km de route dans la même journée, un rien peu nous titiller.




Publié à 07:45, le 7/02/2009, Chañaral
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LA ROUTE VERS LE NORD EN PASSANT PAR VALPARAISO.

          Nous avons fait plus d'une centaine de kilomètres sur autoroute pour essayer cette nouvelle jante. Pas de soucis, je n’ai pas le pneu qui sort de la jante à haute vitesse. Ce n’est pas comme le pneu que j'ai failli recevoir sur la figure. Dans une descente, un pneu de camion a éclaté. En plus du bruit de l'explosion, j'ai vu la bande de roulement faire un bon vol plané dans ma direction. J'ai reçu quelques projections, mais à trois mètres près je me serais pris une bonne claque en caoutchouc.

           Il y a deux petits tunnels sur cette route, interdits aux cyclistes. La sécurité autoroutière offre un service gratuit de transport de vélo.  Lorsque nous ne sommes pas du côté de la station, on appelle avec la borne SOS, c'est très pratique. En tout cas, les autoroutes sont très modernes et l’on retrouve les mêmes radars mobiles que chez nous.

          On ne va pas regretter notre décision de prendre un bus jusqu'à Copiapo. Nous aurons ainsi évité 800km d'autoroute.

Ce week-end représente un peu le premier août de chez nous. Nous avons eu un peu les oreilles qui sifflent, avec tous ces locaux qui partent en vacances. D'ailleurs nous avons changé notre plan initial, d'autant que notre heure de départ a été retardée à cause de la réparation de la roue. Nous avons donc décidé de nous arrêter à Casablanca. Cela nous a permis de ne pas arriver à la nuit dans une grande ville et de nous retrouver le bec dans l'eau sans logement. De surcroît, Valparaiso commence à avoir une réputation d'insécurité dans certains quartiers.

       Dans cette localité pas de couscous comme on pourrait l'imaginer, mais un motel assez spécial. D'abord, nous avons trouvé trop cher ce logement puis la tenancière nous a rattrapé pour baisser le prix. Finalement, pour la qualité, le prix était assez doux. Le repas que nous avons aussi dû discuter allait être servit en chambre puisqu’une soirée spéciale occupait toute la salle de restaurant, royal!!! Après la douche, quelqu’un toque à la porte, Marco essaie d'ouvrir et il s'aperçoit que l'on est enfermé à l'intérieur, le bruit vient en fait du placard, qui aurait pu correspondre à un compteur électrique, c'était tout simplement, le passe-plat.
        Cet hôtel propose habituellement pour les couples d’un soir ou les relations extra conjugales des love room de luxe avec discrétion absolue avec musique centralisée et vidéo cassette...


Publié à 12:10, le 31/01/2009, Valparaíso
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RETROUVAILLES ET RECHERCHES DE PIÈCES DE VÉLO.

         Voilà, je suis bien arrivé à Santiago et j'ai retrouvé mon ancien compagnon de route du pays de la saucisse ...

        J'ai donc sillonné Santiago et c'est un réel défi de rouler avec tous ces bus, assez nerveux du volant et qui ne semblent pas aimer que l'on empiète sur leur territoire asphalté. Soixante kilomètres pendant lesquels on a serré les fesses à la recherche de la jante de vélo, heureuse remplaçante qui j'espère m'emmènera jusqu'au bout de mon voyage. J'ai une fois de plus pas choisi la solution la plus facile en montant des roues plus grandes que le montage classique mountain bike, introuvable ou presque. Je me retrouve donc à faire monter une jante de vélo de route de bonne qualité. C'est une Mavic xc22, c'est pour de la route. J'ai aussi acheté un pneu de 35 pour monter tout ça à l'avant. Je pense que c'est mieux que ma jante cassée et que du 26" avec lequel j'aurai perdu l'usage du frein, qui semble bien utile avec tous ces enragés de la route.

      Mon ami a eu des expériences personnelles avec des DT swiss, au sein de son magasin de vélo où il a travaillé. Sa jante a fini de la même façon et il a eu ouï dire que quelqu'un avait cassé sa jante avec une pression de gonflage trop forte. Je ne voulais pas le croire, mais en allant sur gonfler ma roue spécialement pour la route, J'ai entendu un bruit et c'est depuis ce moment-là que ma jante a pris un voile que j'ai ressenti au freinage.
 Il est vrai que j'ai dû dépasser un peu et aller jusqu'à 6.5bars au lieu des 5 recommandés pour le pneu. J'ai souvent des problèmes avec les technologies que je ne maîtrise pas très bien, comme ce gonfleur un peu particulier.



Publié à 04:05, le 30/01/2009,
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L'ILE DE CHILOE ET LA ROUTE DES ODEURS.

         Une fois à pied d'oeuvre à l'extrême sud de l'île, sachant que je n'avais pas beaucoup de temps avant de retrouver  Marco, mon compagnon de route pour le nord du Chili, j'ai attaqué à la frontale dès 5 heures du matin la route jusqu'à Chonchi. Le thermomètre indiquait en partant 8 degrés et au fil de la route lorsque je me suis enfoncé dans les terres et que le soleil se levait derrière les nuages, la température est descendue jusqu’à 1 degré, et mon blouson se recouvrait de givre et j'imagine que mes pieds ont dû changer quelque peu de couleur dans mes chaussures mouillées de la veille. Heureusement, que je suis venu en été. Je ne pensais pas trouver ce type de climat à cette latitude même si cette île n'offre que 60 jours de soleil par an et qu’une forte pluviométrie y est toujours enregistrée.

        Enfin, après une bonne douche et une lessive habituelle pour limiter la prolifération de champignons, j'ai pu apprécier ma chambre d'hôtel en bord de mer de style anglo-saxon avec les fenêtres sur 3 pans.

        Le lendemain sans être parti très tôt de ma belle chambre, j'ai fait une bonne partie de la traversée de l'île soit 130km. Tout ça sur de la bonne route avec un peu moins de montagne Russe que la veille mais j'ai beaucoup plus humé les odeurs des camions qui transportent les déchets de poissons pour les usines d'alimentations pour animaux. J’espère que ces ingrédients ne vont pas se retrouver dans notre assiette, il y a de quoi dégoûter un régiment.

        J'ai regretté de ne pas rester 3 nuits de plus même si j'étais content de savoir que j'allais bientôt quitter cette région pluvieuse.

         Effectivement, une nuit sur la côte ouest pour voir la forêt impénétrable du parc national et deux nuits dans mon bel hôtel ne serait pas de trop. Enfin, je pense qu’avoir plus de temps pour voir les petits villages de pécheurs et surtout que la piste des routes secondaires peut vite devenir fatigante.

         J'ai eu une belle surprise dans le village du nord, lieu de départ du bateau pour le continent. J'ai demandé au pseudo centre d'information où je pouvais trouver un camping; en tout cas, un endroit où je pouvais planter la tente pour la faire sécher mes affaires des derniers jours de pluie et passer ma dernière nuit au plus prêt des étoiles! Et, la première réponse ne me satisfaisait pas:je devais revenir sur mes pas et faire 27km. Puis, le jeune homme est allé chercher la patronne puis elle m'a proposé de mettre ma maison sur sa terrasse. Après la douche, elle m'a présenté à ces amis argentins, j'ai découvert bien après qu'ils s'étaient rencontrés dans l'après-midi. Ils m'ont proposé de faire une balade sur la plage et j'ai accepté même si je sais que ce n’est pas très raisonnable que je parte sans manger. Ainsi, j'ai eu quelques explications sur l'histoire du tremblement de terre de 1960 le plus fort jamais enregistré dans le monde. Nous avons visité un papi passionné par l'Antiquité, c'était très intéressant d'avoir pour moi cette vision anthropologique et de voir ces gens qui s'arrêtent sur des vieux morceaux de cailloux et des vieilleries bonnes pour la brocante.

     Tout, c'est enchaîné dans cette maison à l'insu de mon plein grès, si je peux dire. En rentrant, j'ai pris une collation pour me calmer et être apte à continuer à suivre l'évolution de la soirée et la maîtresse de maison Jessica a commencé à faire à manger avec son coeur en nous servant une spécialité avec les meilleurs produits de la mer. Tous ça agrémenté par un petit vin Chilien, qui je pourrais dire à coulé à flot. Tout cela ma réellement permis de me sentir plus proche de la population en plus, les deux pays que je visite étaient réunis, ce soir-là. Du côté Argentin, j'ai rencontré trois amis de longue date qui vivent sur la côte atlantique à presque 1000 km les uns des autres. Ils se retrouvent une fois par an ou deux pour refaire le monde.


          Ils m'ont expliqué l'origine de la mésentente entre l'Argentine et le Chili. Ces deux états se sont longtemps battus pour accéder à la propriété d'un chapelet de trois îlots en terre de feu. Ces cailloux appartenant maintenant aux Chiliens n'accueillent en plus qu'une seule famille. J'ai aussi appris qu'on nous berne avec Ushuaia puisque la ville la plus australe est en fait au Chili. Il est vrai qu'elle est un peu moins bien reliée au continent qu'Ushuaia mais il se pourrait bien qu'un jour cette dernière soit détrônée et que son économie s'écroule, à suivre...



Publié à 09:42, le 28/01/2009, Puerto Montt
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JOURNÉE A EL CHALTÈN, APRÈS LE VOLCAN DE MAI 2008.

         Après, avoir passé la soirée dans d'autres bains thermaux à El Amarillo au sein même du camping, je me suis dirigé dans la matinée à Chaltèn pour le bateau en partance pour Chiloé. J'ai fait le bout de route sous une pluie qui perdurait depuis le début de la nuit. En plus, j'ai raté une séance de bain d'eau chaude puisque le bateau au lieu de partir à 12h est partie à minuit, pour semblerait-il des raisons de marée.

         Comme chaque chose qui nous arrive révèle sa part de valeur positive, j'ai goûté au sentiment de fraternité que l'on ressent post tragédie comme cet événement naturel, qu'ils ont vécue. Les habitants de cette ville fantôme qui ne sont plus que 300 au lieu de 9000 vivent  comme dans une grande famille. Heureusement, il n’y a eu aucun mort dans cette tragédie, la majorité a accepté la prime pour aller vivre dans d'autres villes salubres aux alentours. Ils laissent ainsi, le soin aux derniers motivés de se battre pour que l'état déploie des moyens pour nettoyer de toute cette poussière produite et ainsi éviter les crues de la rivière qui coule au milieu du village. C'est semble-t-il le problème majeur, même si voir ce volcan en pleine activité avec de belles fumeroles ne me semble pas très rassurant.

        Je dois dire que c'était très impressionnant de vivre dans une ville sans eau, ni électricité alors que toutes les structures existent. Les fortes pluies renforçaient cette vision de cataclysme. D'ailleurs pendant que j'étais là-bas un programme radio annonçait au vu des quantités de précipitations un risque avancé d'évacuation.

         J'ai eu la chance de partager l'hospitalité d'un couple de commerçants (il doit rester 3 épiceries, quincailleries et 3 structures de logement), où j'ai pu me réchauffer et manger une cachuela au poulet (spécialité du coin avec légumes et viande ou poisson, un peu comme une potée), ça change du simple rapport de touriste client.

         Le bateau a fini par arriver et selon les conseils du vendeur de la compagnie de navigation qui tenait la permanence dans la ville, j'ai demandé à un propriétaire de pick-up de mettre le vélo dans son véhicule pour ne pas payer de taxe de transport pour le vélo. Ainsi, j'ai surveillé tout le déchargement et chargement du cargo, avec les camions de poissons et j'en passe. Ceci, afin d'être sûr que personne ne parte avec le vélo.

        Une traversée qui m'a paru très tranquille, puisque j'ai dormi tout le long; m'a permis d'arriver frais et dispo à 4h du matin pour attaquer une nouvelle journée. Et, pour une fois, je n'ai pas mis trop de temps pour plier mes bagages...
     



Publié à 07:37, le 25/01/2009, Chaitén
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LA SUITE HUMIDE!!!

        En partant de Coihaique, j'étais plein d'énergie, j'avais bien dormi, bien mangé... Mais, il me manquait un bon élan moral.

        La mésaventure du colis dévalisé était un argument de plus pour se laisser démoraliser par les conditions atmosphériques peu clémentes. J'avais l'impression que le vent ou la pluie allait m'attendre au tournant.

         Dans de tels cas, lorsque je trouve ma condition un peu difficile, j'essaie d'être attentif au moindre facteur positif, comme un vent qui vient à souffler en ma faveur ou la route qui s'améliore... Mais, là cela ne semblait pas suffire, et j'ai pensé qu'il m'avait manqué de contacts et d'échanges humains pendant ces deux jours de repos. Et comme si on m'avait écouté, après deux heures de chemin sur une quarantaine de kilomètres, j'ai croisé 17 cyclistes avec lesquels j'ai pu échanger et me remonter le moral, un Suisse, un couple de hollandais, un groupe de chiliens et même deux Chiliennes. Mais aussi des Allemands et un couple de seniors new zélandais (à vos vélos, les plus de 60ans!). J'ai cru que jamais j'arriverais à faire mes kilomètres, en plus il fallait que je m'arrête pour ramasser les framboises, qui attendent les cyclistes au bord de la route.

          Le lendemain, je voulais rejoindre un petit port et goûter aux spécialités locales. Malgré mon appétit conséquent, il semblerait que j'ai mal géré mes rations. Ou bien, j'ai développé une intolérance au saumon d'élevage. Selon les conseils, du guide du routard, j'ai goûté la spécialité du coin, des espèces de minuscules poissons, d'une évidente rareté au vu du prix que pratique le restaurateur. Ça, c'était l'entrée, je ne vous développe pas tout le reste. En tout cas, j'étais un peu colère lorsque j'ai essayé de vomir mon repas le plus Cher du séjour.

          Heureusement, pour aider à digérer ( cela n'a pas été suffisant, malgré tout), j'ai dû rebrousser le chemin sur quelques kilomètres pour trouver le seul camping du coin. Je n'ai pas osé poser ma tente sur la plage devant le fameux restaurant. Ainsi, je me présente et commence les formalités habituelles. Sauf que la brave dame me demande un prix exorbitant pour finalement avoir accès simplement à une douche. Déjà, que j'hésite souvent à aller dans un camping sachant que ce n’est guère moins chère qu'un hôtel et en plus pour se prendre la pluie.  Il m’arrive de payer 2000 à 5000 pesos pour un camping et souvent 5000 pour une chambre (1€=750pesos). J'avais envie de lui demander, si, pour ce prix, elle mettait le chauffage dans la tente. Vu ma désapprobation, elle a décidé d'aller voir la patronne, pour savoir si la moitié du prix ne suffisait pas à savoir 4000 pesos. Je pense que c'est effectivement le prix mais elle voulait ce prendre une commission au passage. Ou alors, dès qu'un client se pointe, il faut essayer de faire le chiffre d'affaires du mois (j'étais le seul dans le camping).

          Une fois le marché conclu et la transaction opérée, j'ai décidé de prendre une douche. Finalement, c'est un de mes objectifs majeurs, comme je vous l'ai expliqué. Après, quelques minutes d'éclaboussures plus que rafraîchissantes, je suis directement allé voir  la patronne pour ma réclamation puisque c'est elle la directrice des opérations et en plus mon interlocutrice intermédiaire avait quitté les lieux.

      Après, avoir fait connaissance, je lui dis : "No hay acqua caliente et la mujer se fue". Et en fait avec mon vocabulaire approximatif, elle a compris que j'étais venu avec ma femme et que cette dernière était partie parce qu'il n'y avait pas d'eau chaude. Une fois qu'elle avait la solution à mon problème, j'ai trouvé ça très drôle.

     Le lendemain, la journée a commencé sous une pluie bien soutenue, mais bon dans le coin, c'est plus très original.

      En bref, le programme de ces 48h:

-pluie, mais seulement jusqu'au carrefour à 30km du camping. Allez savoir pourquoi, elle s'est arrêtée nette à cet endroit où je retrouvais la carraterra que j'avais quittée la veille pour aller manger mon saumon surprise à Puerto Cisnes.

- Soirée avec un motard américain dans un parc national au pied d'un glacier qui à la particularité de se terminer par une énorme cascade. Malheureusement, le temps pluvieux nous a empêché de nous y approcher de près.

- Après midi dans des thermes à Puyuhapi dans de l'eau à 38 degrés. Rien à voir avec ce que je connais de nos voisins et amis allemands. Le prix est carrément exagéré pour les deux petites piscines, mais après une demi-journée sous la pluie, je trouvais que c'était bien mérité.

-Le lendemain sur la route de villa Santa Lucia le temps a enfin changé, de 8 degrés perçus à 30 degrés. Le climat semblait avoir vraiment changé en montant de 100km dans le nord, mais finalement j'ai des doutes, vu la journée que j'ai eu le  surlendemain en allant sur Chaitèn. Je pense qu'en fait d'un jour sur l'autre on peut gagner ou perdre 25-30 degrés.


Publié à 03:07, le 23/01/2009, Villa Santa Lucía
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FIN DE LA TRASVERSEE DE LA CARRATERA AUSTRALE.

        De Villa O'Higgins jusqu'à Chaiten c'est 1100km de pistes à faire, c'est rendu un peu plus facile par les150km de routes maintenant goudronnées. Il faut bien ça.

       J'ai maintenant un timing à respecter, le 24 janvier, j'ai un bateau pour l'île Chiloé. Encore, quelques averses en prévision puisque c'est parait-il une des îles les plus humides au monde.

        Ainsi, entre le 8 et le 24 janvier, je vais arpenter cette piste pour me familiariser avec les forts dénivelés cumulés, sur de la piste, en espérant ne pas avoir trop affaire aux caprices de dame nature...

         Je lance un hommage, hum, hum! à notre défunt Pinochet, à l'initiative de ce projet titanesque à travers montagnes, nombreuses rivières et forêts impénétrables. Ce travail qui a commencé alors que j'émettais seulement mes premiers cris en 1976 a encore de l'avenir, puisque tant de moyens pour désenclaver si peu de population semblent un peu démesuré. Certes, sans route, aucun projet de viabilisation ne peut être mis en place. C'est ainsi, que les cartes géographiques risques d'être modifiées par la construction de 5 barrages hydroélectriques d'ici une dizaine d'année. Cela permettrait d'alimenter le pays en énergie, puisqu'ils n'ont pas été aussi gâtés par la nature que leurs voisins Argentins et Boliviens avec leur Or noir.

         Voilà pour la parenthèse guide touristique, informatif. De mon côté c'est la première fois que je reste 3 nuits de suite au même endroit, j'en profite même pour aller chez le coiffeur, le bougre a eu rudement de mal à couper une barbe de presque 2 mois, il aurait pu faire des brosses à récurer avec ces poils durcis par le soleil et le vent. Il m'a fait remarqué à juste titre que j'ai des poils blancs, cela doit sûrement être à force de pédaler comme un forçonné.

Et enfin, pour la grosse déception, le colis que j'avais envoyé d'El Calafate le 31 décembre a été ouvert, ils ont pris tous les cadeaux et ont laissé le reste en prenant soin de bien refermer le paquet. Vive le "Correro Argentino". Voilà, ça fait partie des désagréments du voyage à encaisser.


Publié à 07:58, le 16/01/2009, Coihaique
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EXPERIENCE PLUIE ET VENT SUR LA CARRATERA.

           En effectuant, mes petites emplettes habituelles à Rio Tranquilo, le commerçant qui suivait la météo m'a dit qu'ils n'annonçaient pas de pluie pour le lendemain. Je ne me suis pas formalisé lorsqu'il a plu toute la nuit. Je suis parti assez confiant lorsque mes affaires ont un peu séché, vers 10-11h. C'est seulement, vers 12h que j'ai eu ma première grosse averse, juste assez pour être trempé jusqu'aux os. Et en fait, j'ai eu 5 épisodes du genre bien réparti sur la journée, la température variait de 7 à 18 degrés, c'est vrai que l'environnement végétal laissait présager des averses assez fréquentes dans le coin ainsi ces 120km seront marquant pour moi comme une des journées les plus dures puisque malgré un vent assez favorable sur une bonne partie de la route et une piste tout à fait correcte sur les 100 premiers kilomètres, les derniers 20 kilomètres de tôles ondulées laissent des traces indélébiles. J'ai eu malgré tout une récompense amplifiée par la difficulté de cette journée. L'arc-en-ciel qui cerclait la ville de part en part était d'une beauté inimaginable, j'ai bien mérité cette image unique qui s'est gravée en moi ce jour-là.

          J'ai bien apprécié de pouvoir me réchauffer et faire sécher mes affaires dans une hospedaje. Je l'ai d'ailleurs choisie en fonction de ça, j'étais un peu moins content de retrouver mes anciens compagnons de minibus, leur discrétion, leur manière à eux de se sentir les seuls et surtout en plus de leur impolitesse notoire, l'effort qu'ils font pour ne surtout pas avoir de contact avec leur entourage. Voilà, j'ai déballé mon sac. Parfois, je me demande si je ne deviens pas raciste.

           Je clos ce sujet et je reviens sur mes préoccupations quotidiennes. Après une bonne nuit, sous un maximum de couverture, je me suis levé au sec, je n'ai pas rêvé de noyade ni de quelconque histoire en rapport avec certains de mes petits soucis. Je suis près et décidé à continuer la route et à affronter les éléments.

        En réalité, j'avais réellement besoin de courage, pas tellement pour passer mon premier col au-dessus de 1100m, mais pour surmonter les effrayantes bourrasques de vents. Le vent dans la pampa  a été plus fort que celui-ci je pense mais aussi plus régulier. Ici, avec les montagnes, j'ai l'impression qu'il a fait des records du 0 à 100km/h. Lorsque je me suis trouvé au plus mauvais de son exposition, j'ai vite abandonné. Juste avant cet instant, j'ai longé une partie de route très instable. Dès, qu'une bourrasque cognait la paroi rocheuse, l'effet du vent arrivait à emporter des blocs de pierres, c'était vraiment très impressionnant je vous le garantis. Désolé, je ne me suis pas arrêté pour prendre des photos qui peuvent l'attester.

       J'ai eu la chance d'attraper le bus et peut être l'unique de la journée, 15min après mon arrêt. Ceci a vite mis fin aux idées noires qui commençaient à apparaître à mon esprit.



Publié à 08:50, le 15/01/2009, Coihaique
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SHALOM!

        Je n'ai pas voulu refaire le trajet en sens inverse avec le vent de face. J'ai trouvé un minibus pour atteindre en 4 heures la petite commune de Puerto Tranquilo. J'ai retrouvé un peu les conditions de transport africaines. Le Bus a lieu, puis plus, puis il faut embarquer au dernier moment... Il n'y a pas trop de place pour étendre les genoux quelques peu meurtris par le vélo. La poussière qui rentre pulsée par chaque aération.

        J'ai aussi retrouvé la bande de Jacob de Nazareth, les inconditionnels du stop impossible, J'ai discuté avec eux alors qu'ils attendaient depuis déjà 4 heures. En vain, ils ont renoncé à seulement 6h d'attente. Ils font péter les records à tous les coups dans le coin...

         C'est ainsi, que l'on a fait dépasser la charge utile du Nissan avec cette communauté. Une du groupe a eu l'ingéniosité de prendre deux bons kilos de cerises. Ainsi, elle a eu 4 heures pour faire de la confiture.

         J'ai l'intention la prochaine fois, de vendre mes photos, aux photos maniaques du bus. Effectivement, ce n’est pas facile de prendre les meilleurs clichés en roulant. Déjà en vélo alors que je peux m'arrêter où je veux, je suis parfois déçu par la lumière, et ma position par rapport au sujet. À ce moment, réussir une prise parait mission impossible ou gros coup de bol. Il y a toujours un arbre ou un fil électriques pour passer au milieu du cadre, vous voyez ce que je veux dire.

         On a eu le coup de la panne, aussi. Il y a eu subitement un bruit dépendant de la vitesse, une sorte de clac, clac. Il me semblait que ça provenait de la roue arrière. Au bout d'un moment, alors que le bruit s'amplifiait, le chauffeur s'est arrêté puis après un diagnostic rapide, il a pensé que c'était la galerie qui claquait sous l'excédant de poids. Un peu rapide son évaluation, puisque qu'une vingtaine de km après on a laissé un morceau de bande de roulement du pneu sur la route. Super, la qualité du pneu rechapé, presque neuf!!!  Pour finir on ne savait vraiment pas si on allait arriver car, avant les montées, il était obligé de s'arrêter sans qu'on sache vraiment pourquoi.

           Pour certains à 21h30, ce qui importait, c'était d'arriver pour se reposer, pour ma part j'espérais arriver avant la fermeture des magasins pour la journée du lendemain. Chacun de nous a trouvé son bonheur, même les israéliens étaient tout excités parce qu’il y avait de l'hébreu d'écrit devant leur hospedaje.


Publié à 09:37, le 13/01/2009, Puerto Tranquilo
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QUEL DILEMME!

       En partant de Cochrane, deux possibilités s'offre à moi, soit je continu sur le tracé de la carratera, soit j'opte pour une piste longeant le deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud. Ce sont des Suisses qui m'ont suggérés de prendre la deuxième option. Ainsi, je peux rattraper la fameuse Carratera en prenant un bateau à Chile Chico. D'autant plus que malgré la plus grande difficulté liée à la qualité de la route et aux forts dénivelés, je pourrais bénéficier d'un bon vent favorable, contrairement à eux, qui ont fait la route dans l’autre sens.

        Le puritanisme de certains ne me ferait pas poser tant de question: remonter la carratera c'est pas prendre des chemins de traverses même si c'est plus beau.

        Les Chiliens à vélo eux, ainsi que d'autres personnes ont voulu me dissuader en insistant sur le caractère difficile de la route et je crois qu'ils ont rajouté à leur gré d'autres arguments, il n'y a pas d'eau, pas d'arbre et pour finir il fait froid, rien que ça. J'ai eu 60km avant le croisement des deux routes pendant laquelle j’ai pu méditer sur toutes ces bonnes paroles. A chaque arrêt, j'essayais de glaner des informations auprès de la population pour voir si les arguments se recoupaient. J'ai même pensé à un moment qu’il serait bon de faire les deux routes pour connaître la différence et juger par moi-même, l'avenir va montrer que je ne croyais pas si bien dire.

       En conclusion, rien que le bivouac que j'ai fait près d'un ponton du lac valait le détour. Concernant la route, je ne crois pas que les Chiliens l'aient faite, certes des passages sont très abruptes et le caillou parfois cassant, mais ils ont omis de me parler des 50km piste bien roulante sur les 120 que compte la portion.

        L'intérêt majeur est le surplomb d'une 30 Km au-dessus du lac et la découverte de ce petit lac avec les multiples îlots. Il y a aussi, le changement de climat avec effectivement la raréfaction de la végétation dense au profit de la culture fruitière, cerises, abricots dont les allées de Chile Chicon regorgent. C'est dommage qu'il manque une quinzaine de jours à la maturation complète.

           C'est d'ailleurs, à cause des cerises et de l'engouement de son festival plus exactement, que j'ai dû renoncer au bateau, ce qui va me permettre pour finir de voir les deux routes comme je l'avais émis pendant un moment et d'avoir le plaisir de partager un peu de mon voyage avec le gente du pays du « petit Jésus ».



Publié à 08:31, le 12/01/2009, Chile Chico
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DEBUT DE LA CARRATERA AUSTRALE.

           J'ai fait avec le Brésilien, l'étape Villa O’higgins- Cochrane, 230km sans ravitaillement en deux jours de vélo.

           Le premier jour, on a attendu que le petit super marché ouvre ses portes pour faire le plein.

           En vélo, ce qui est important c'est de lire les étiquettes et d'acheter tout ce qui est supérieur à 300kcal/100g. Je crois que le mieux que j'ai trouvé jusqu’à présent c'est la pâte de cacahouètes au chocolat, genre touron. C'est 453kcal/100g, un paquet de 280g/jr, ça fait déjà une bonne ration.

          Les horaires d'ouverture étant aussi fluctuants que les réapprovisionnement, nous avons attendu en surfant sur Internet dont l'accès est gratuit dans la bibliothèque municipale.

         Après nos petits achats effectués, nous avons pu partir en ayant comme objectif d'attraper le bateau à 100km de là, étape obligé pour continuer la route.

          Mon environnement a beaucoup changé en peu de jours, ici la forêt est reine, l'eau coule à flot et permet donc aux cyclistes que nous sommes de ne pas trop nous charger. Même, si le deuxième jour, il m'est arrivé d'attendre avec impatience la prochaine rivière, pour compléter ma ration de 8 litres et demi, pendant mes 11h de vélo.

          Heureusement que le deuxième jour, nous sommes partis plus tôt pour faire cette étape qui était prévue un peu plus difficile. En revanche, ce que je n'avais pas prévu c'est de perdre mon pantalon pluie ainsi que mon câble de cadenas que j'avais mal fixé sur mes sacoches. J'ai ainsi fait demi-tour sur 17km sans rien trouver, une des trois voitures qui est passée sur une heure a dû y trouver son compte. C'était pour finir une bonne leçon de self contrôle et de patience, et dorénavant rien ne va dépasser des sacoches.

          J'ai rencontré des Allemands en vélo couchés, qui se battaient d'avantage que moi avec les taons car ils étaient un peu moins rapides. Je leur ai raconté mon histoire en leur demandant s’ils n'avaient rien trouvé sur leur passage et je voyais que la femme semblait un peu épuisée. J'ai donc abandonné mes recherches à ce moment-là. peu de temps après avoir repris la route, j'ai fait une pause et, au bout de 5min, j'ai vu passer l'Allemand seul et dix minutes après je le voyais repasser me faisant un clin d'oeil, lui venait de perdre sa femme sur le chemin. Si j'avais su qu'après ça il me restait plus de 1000m de dénivelé et une tôle ondulée de folie avec des vagues de 15cm sur 15 à fracasser le corps entier. Heureusement, que le vélo est solide pour endurer tout ça, moi avec mes 160km, 2200m dénivelé en 11h, j'ai bien mérité un jour de pause.


Publié à 10:49, le 10/01/2009,
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